Proh scelus! incautam carpis, malesane, puellam,
Nec pudet, et surdam surdior ipse vocas, etc.

La querelle ainsi commencée continua sur le même ton. Les pièces en ont été recueillies par Cotin lui-même sous le titre de la Ménagerie[ [217]. Elle eut cela de particulier que le premier auteur de la guerre protesta toujours de son respect pour celle qui en avait été l'occasion, et prétendit que l'attaque était plus respectueuse que la défense, ce qui donna lieu aux vers suivants:

Quand le docte Cotin, l'amour des beaux esprits,

Veut plaindre de Sapho la surdité cruelle,

Il donne à sa disgrâce une cause si belle

Que l'on peut souhaiter d'être sourde à ce prix.

Et à ceux-ci:

Je prends pour votre ami celui qui vous attaque,
Et pour votre ennemi celui qui vous défend.

Cependant, Mlle de Scudéry s'était depuis longtemps résignée à vieillir. Disons mieux, dès le temps de la Clélie, elle prenait l'avance sur la vieillesse en traçant, avec une certaine complaisance, le portrait d'Arricidie, qui était encore à Capoue l'arbitre du bon goût et du bon ton, «quoiqu'elle n'eût jamais eu aucune beauté et qu'elle eût plus de quinze lustres» (soixante-quinze ans). Or l'auteur n'en avait guère alors que cinquante. Il faut lire ce portrait et l'agréable commentaire qu'en fait un critique, en montrant que, contre l'ordinaire des romans, la femme âgée a sa place dans la Clélie et vieillit sans devenir inutile ni déplaisante[ [218].

A partir surtout de 1692, la correspondance de Mlle de Scudéry avec l'abbé Boisot renferme sur sa santé des plaintes qui vont en s'aggravant d'année en année. «Mes genoux ne me permettent pas de monter et descendre mon escalier sans peine et de me promener dans mon jardin.»—«Ma santé est plus altérée qu'elle n'étoit, et je ne suis encore payée de nulle part.» 12 mai et 16 juin 1694, etc., etc.