Constant vint me prier, de la part du Consul, de venir le soir aux Tuileries.

—Impossible, mon cher! Depuis quinze jours, je me suis bien portée; aujourd'hui, je suis indisposée et pour rien au monde je ne voudrais sortir.

Constant insista.

—Le Consul se fâchera.

—J'en suis désolée, mais je ne veux pas sortir.

Étais-je donc une esclave? Non, en vérité; j'avais aussi mes caprices.

Le lendemain, j'étais aux Français, dans ma petite loge d'avant-scène, donnant sur le théâtre, juste en face de celle du Consul, qui, ce jour-là, était aux Français. On y jouait les Femmes savantes et je ne sais plus quelle petite pièce. Je ne regardai pas une fois cette loge, je m'en serais bien gardée. J'étais trop blessée pour cela. On frappa à ma loge; je vis le beau et bon Murat.

—Qui me procure l'honneur de votre visite?

—Rien, ma chère Georgina; le plaisir de causer un instant avec vous, voilà tout. Vous êtes bien dans cette petite loge; elle est charmante; on est tout à fait chez soi. Puis, juste en face du Consul.

—J'ai toujours eu cette loge; je n'aime pas à me montrer. Ici, à peine si je suis aperçue, et je vois tout le monde; puis, on peut causer à son aise.