—Vous en seriez bien fâchée. Mes compliments ne vous blessent pas tant que vous voulez le dire. N'est-ce pas, Talma, que j'ai raison et qu'elle est coquette?

Ce cercle élégant, ces grands seigneurs, les poètes, les peintres, qui tenaient dignement leur place et auxquels on rendait les hommages, flattaient la vanité, quelque envie qu'on eût de n'en être pas atteint. Ce sont des jouissances qui allègent bien des ennuis.

Au milieu de tout cela, je n'entendais pas parler de l'empereur, depuis le sacre. Je faisais mille projets, je commençais un peu moins à m'isoler, je recevais plus de monde; je cherchais non les plaisirs, mais la distraction, du bruit qui m'empêchât de penser. C'était tout ce que je pouvais souhaiter.

Enfin, après plus de cinq semaines, Constant arriva:

—Quel hasard vous mène ici après une si longue absence? Que voulez-vous?

—L'empereur vous prie de venir ce soir.

—Ah! il se souvient de moi? Dites à l'empereur que je me rendrai à ses ordres. Quelle heure?

—Huit heures.

—Je serai prête.

Ah! cette fois, j'étais impatiente, je ne tenais pas en place. J'ai mon pauvre cœur froissé, mon Dieu!