—Cela ne vous fait donc rien, à vous? Tenez, vous n'êtes terrible qu'au théâtre; vous n'avez pas le moindre caractère.

—Mais, ma bobonne—c'est le nom que vous donnait Talma—que veux-tu que je fasse à cela? Ah! mon Dieu! rien!

—Ah! Florence, est-ce que Lekain était calme comme Talma? Il leur faut donc la rampe pour être hommes?

—Non, ma chère, mais ils usent leurs nerfs par les émotions tragiques et aiment le repos domestique.

—Alors, vous n'êtes que des bourgeois déguisés!

—Bobonne, tu es de mauvaise humeur.

—Non, je suis triste et mécontente de tout. Je ne tiens pas sur mon fauteuil. Vous savez, Talma, j'ai besoin de chevaux de poste.

—Florence, vous l'entendez. Elle fera un coup de sa tête, une folie; elle n'a pas la moindre raison! Au moins, ne viens pas me mettre dans la confidence: je te dénoncerais! Tu n'as pas le sens commun!

—C'est possible! Moi, je n'ai pas besoin de la rampe pour avoir de la force et de la volonté.

—Dis donc de l'amour-propre, enfant. Tu es blessée là au cœur, et tu penses à une vengeance de femme. Tu es trop jeune pour savoir que l'on ne peut se venger dans ta position! Pleure, rage, casse tes porcelaines chinoises si tu veux; nous, nous le voulons bien; nous t'aimons comme cela. Mais ailleurs la barrière est posée.