—Me marier! moi! Et à qui donc? mon Dieu!
-Soyez tranquille, je vous donnerai à un général. Vous quitterez le théâtre, bien entendu, et vous vivrez honorablement.
—Cette proposition, que vous me faites, est sérieuse?
—Très sérieuse.
Je fus blessée jusqu'au fond du cœur. Ah! Constant, vous avez eu la bêtise de me dire la vérité. Allons, une grande dame a passé par là. Ma résolution fut bien vite arrêtée.
—Je vous demande mille fois pardon de vous désobéir, mais je ne veux pas me marier, je ne puis plus me marier. Quand vous avez eu le caprice de m'appeler près de vous...
—Le caprice? dit-il.
—Eh! mon Dieu! oui, le caprice!... j'étais artiste, je resterai artiste. Moi, prendre un mari de convention? Ah! s'il s'en trouve un assez complaisant pour jouer ce rôle, convenez qu'on ne peut aimer ni estimer un pareil homme!
—Tu as raison, Georgina; tu es une brave fille.
Je parlai ainsi à l'empereur sans gêne, sans fausseté, vingt fois. Voulant lui tenir un langage du monde que l'on apprend comme un rôle, l'empereur m'arrêtait en riant, en me disant: