—Sacrifions-nous pour elle!

Elle prend les flacons.

—Je n'hésiterai pas pour celui-ci, dit l'aînée en prenant le flacon blanc.

Elles boivent toutes deux.—Après avoir bu:

—Me voilà donc accomplie!

—Que vois-je?

—Ah! ma sœur, vous avez repris votre première figure!

—Et vous aussi!… Eh! mon Dieu, nous serions-nous trompées de flacons?

La fée survient, les rassure et les force à s'embrasser devant leur mère. L'aînée ne peut comprendre par quel prodige le flacon blanc leur a rendu la beauté. La fée leur fait une morale et leur explique que ce n'était qu'une épreuve.

Tel était le canevas emprunté à madame de Genlis, auquel on avait cousu, tant bien que mal, un divertissement. Certes, la morale et le ballet se donnaient la main ce soir-là; on eût pu faire jouer cette fable par des pensionnaires qui sortent du couvent.