—Par ma foi, je n'en aurai pas le démenti, s'écria-t-il! Si c'est un homme, je le souffletterai; si c'est une duègne, je me sauverai; si c'est la Gogo, je lui dirai que Désaides m'a cédé sa place; si c'est une autre et qu'elle soit jeune et jolie, elle fera un heureux et voilà tout, mais à coup sûr ce ne sera pas Désaides!

Ah! Monvel, si vous avez été à Stockholm le plus infidèle des amants, vous étiez ce jour-là, à Versailles, le plus volage des maris!

—Le n° 13, demanda l'ancien lecteur de Gustave III, en s'adressant à un gros homme qui se tenait comme un factionnaire de comédie sur le devant de la porte.

—Le numéro 13, ce n'est pas ici; descendez la rue, répond-on.

—Imbécile, reprit Monvel avec impatience, je te demande la chambre n° 13. Quelqu'un m'y attend.

—Ah! c'est bien différent, Monsieur, je ne comprenais pas. L'escalier à gauche, au premier; au fond du corridor, la porte à droite.

Monvel monta l'escalier; en moins de deux secondes il se trouve devant le mystérieux n° 13. Il allait frapper, quand une petite voix mielleuse lui crie: «Retirez la clé et fermez doucement la porte.» Cette voix partait de l'intérieur de la chambre.

Monvel obéit.

Il se voit bientôt enveloppé par l'obscurité la plus complète—impossible de rien distinguer.—Tout avait été hermétiquement fermé dans l'appartement où il venait de pénétrer.

—Je dois être chez la fée Carabosse, pensa Monvel. Allons, attendons!