L'âge affaiblit mon discours,
Et cette fougue me quitte,
Dont je chantais les amours
De la reine Marguerite!

La douceur du nouveau commerce que son mariage lui créait suffisait à peine à l'imagination de Monvel. Le travail l'avait suivi en Suède, il y avait charmé ses heures d'ennui; mais à la qualité d'auteur, Monvel joignait alors celle de comédien, et avouons-le sans faire injure aux qualités littéraires de Monvel, le comédien chez lui faisait souvent passer l'homme de lettres. Il lisait si bien qu'on se défiait de lui comme d'un enchanteur. Mais à ce moment de crise, à ce retour où les portes de son théâtre se fermaient devant lui, notre auteur se trouvait découragé. Ce fut alors qu'il prit le parti de s'emprisonner à la lettre dans son propre domicile; il y relisait Molière avec une ardeur juvénile; il y repassait Corneille et Racine, ses vieux amis.

C'était une petite chambre ornée de quelques bonnes figures d'après Greuze, d'un biscuit représentant Gustave III, et de grandes cartes géographiques avec un plan de Stockholm.

Quand Monvel se retirait dans ce belvédère—c'était un quatrième étage d'assez rude montée,—son domestique avait ordre de n'introduire personne.

Un matin, Monvel entend du bruit sur le palier.

—Vous n'entrerez pas, mon petit monsieur.

—Allez au diable! j'entrerai.

—On m'a pourtant défendu…

—Arrière!

—Mais, Monsieur… mon maître!