Les pentes sont blafardes et grises où croissaient les myrtes à profusion.

La forêt est morte.

Elle n’est même plus un grand cadavre ; elle n’est même plus un squelette. Elle n’est plus rien que débris dispersés et vestiges épars.

Cela ne s’effacera point de la mémoire de ceux qui ont vu.

Un paysage lunaire et infernal.

Des piliers tronqués hérissent les montagnes au faîte découronné. Des troncs abattus s’ensevelissent sous la cendre. Tout est uniformément gris, blanc et noir. Il semble qu’un volcan, brusquement rallumé, ait vomi toutes ses laves sur ce pays et l’ait submergé.

Les bêtes des bois sans abris et celles des cavernes, errent, bramant ou grondant et flairent, en désarroi, les cornes, les défenses, les griffes et les sabots, restes de leurs frères.

La terre n’est pas encore refroidie.

— Nous n’avons plus qu’à nous en aller, ont prononcé les hôtes de la maison blanche.

Et ils s’en iront, emportant avec eux leur mort exhumé d’entre les racines du cèdre immortel. Déjà l’aïeule, et la mère, et la sœur fragile, sont parties vers la Ville.