— Elle n’est pas venue.
Mouni détache le voile qui glisse sur son front. Ses longues paupières se baissent sur l’éblouissement de ses prunelles.
— Je me suis échappée, oui, pendant qu’Aziza Dherif et sa fille brûlent des cierges là-haut. Je savais que tu devais être ici, ô frère de ma vie !
Elle parle en arabe avec sa voix passionnée.
La figure du sculpteur est sévère.
— Il faut rejoindre celles qui vous ont amenée, Mouni.
Il ne la tutoie plus et il a envie de la secouer et de la punir comme une enfant désobéissante.
Les longues paupières et les fines narines frémissent. Un murmure chante sur les lèvres :
Vraiment je mourrai et cela n’est rien
Près de l’amour dont ma poitrine est lourde,