Le père de Mimi, Si Lakhdar parlait avec un accent impersonnel.

— Ah ! ces Berabers, ce sont des lions qui montent du désert.

— Tu te trompes, répliqua la Mâlema, ce ne sont que des chats sauvages.

— Les chats sauvages sont mauvais quand ils sont nombreux.

— S’ils sont las de vivre, les légionnaires, les spahis et les goumiers les attendent.

— Ceux-ci voudront-ils toujours se battre contre des musulmans ?

— Ils se battront parce que leur mère ordonne, la France, dont ils sont devenus les fils.

Les yeux de l’Arabe se firent plus vagues, mais Noura les sentait brûler.

— Les Berabers ne veulent pas la France. Ils préfèrent rester semblables à leurs pères et à leurs mères. Qui a raison ?… Regarde-nous.

La petite Mâlema se redressa.