« Et ensuite, apprends que tu recevras la visite de notre fils Si Laïd, — que Dieu le protège ! — Son message est de te donner les bracelets de Lella Fatime, pour la mémoire de ton cœur et de tes yeux, — et ensuite de te dire notre affection et notre désir.

« Et le salut sur toi, ô la nièce de notre fille préférée, à Noura Le Gall, la Mâlema, et le salut sur Mouni dans notre cœur.

« Salut. »

Au heurt précis de l’anneau de cuivre, Doudouh la servante ouvre, introduit le visiteur.

Et voici paraître Noura, pâle, si pâle de tant de larmes répandues pour la mort plus cruelle par l’éloignement, pour la brutale épreuve inattendue et pour l’angoisse de ce qui peut advenir encore.

En cet instant surtout, elle donnerait tout au monde pour retrouver, même fugitive, la présence de Lella Fatime, de cette âme si différente de la sienne, mais qui pourtant était son seul refuge familial.

L’expression de Si Laïd est bizarre et ses yeux ne fixent pas Noura. Des reflets troubles passent sur sa figure qu’il voudrait immobile, empreinte de la seule tristesse qui convient à un messager de deuil.

Il a posé sur le piano le paquet qui contient les bracelets de Lella Fatime, ces anneaux d’une chaîne rompue.

La voix de Noura s’élève, frissonnante.