— J’ai peur…
Et pour la première fois Noura trembla devant l’avenir.
Doudouh l’impassible aide sa maîtresse à gravir les degrés de la terrasse.
Ce soir, la fièvre qui écrasait Noura est moins forte et l’air est pur, comme plein d’une ineffable clémence après l’incandescente et rude journée.
— Mon livre, Doudouh…
Elle s’étend à demi sur la chaise longue. Dans son visage émacié ses yeux se creusent. Rester seule avec sa pensée l’épouvante et elle feuillette au hasard un recueil de poèmes.
Elle lit et toutes les phrases n’arrivent pas à son cerveau, mais seulement quelques-unes, parce qu’elles sont plus berceuses, mieux harmonisées avec l’air fluide, le ciel vaporeux et bon.
Des soirs beaux comme des regrets
Pleureront de longues fleurs tièdes