[55] Vin de palmier.
Il poursuivait en désignant les jardins où blanchissaient le crâne du dromadaire et l’omoplate du mouton, fétiches protecteurs :
— Le palmier est sacré. Il est pareil à l’homme. Il a une épouse qu’il féconde. Son cœur blanc est comme un cerveau ; la moindre blessure lui donne la mort. Son lif[56] est comme une chevelure. Ses palmes coupées ne repoussent pas plus que les membres coupés. Et c’est l’arbre de la prédilection divine ; il croît en pays musulman.
[56] Bourre.
Tuer une brebis, c’est tuer une abeille,
Tuer une abeille, c’est tuer un palmier,
Tuer un palmier, c’est tuer soixante-dix prophètes[57].
[57] « Les Palmiers du M’zab », capitaine Charlet.
Les chameliers écoutaient, distraits par les discours du M’zabi aussi bavard sur sa mule qu’autour du feu des haltes.
Et l’oasis d’El Berd fut toute proche avec son avant-garde de palmiers roux, déchevelés sur les dunes que leurs racines fixent dans un réseau de cordelettes.