Mektoub, mektoub, éternel ananké, le tout-puissant des heures suprêmes, nous ne sommes rien que les gestes ou les immobiles nécessaires à tes desseins !…
Claude Hervis prononça :
— Je ne veux pas provoquer votre mort ni faire de l’irréparable. Petite enfant de Noura, notre petite sœur, si la résignation vous est impossible, si la coutume de votre peuple vous est trop lourde, nous ne vous abandonnerons pas. Nous chercherons le moyen efficace pour vous libérer. Subissez encore un peu l’épreuve. Notre tendresse affligée va suivre votre vie et nous agirons. Entends-tu, Mouni ?
Mais à présent Mouni l’exécrait et ne voulait plus entendre.
Elle cria :
— Lâche et maudit !
Et ses ongles griffant sa gorge :
— Maudits ceux qui m’ont pris mon cœur arabe ! A la place ils n’ont mis que de la cendre. Qu’elle emplisse leur bouche et les étouffe ! Malheur ! Malheur ! Malheur !…
Claude s’élançait pour étouffer la clameur insensée, imprudente. Mais Mouni s’échappe, fuit… Elle est hors du jardin. Il ne la voit plus…