Le petit cavalier sourit des yeux de l’enfant. Il sourit mystérieusement. Une douceur féminine émeut son visage. Il y a comme un regret, une gaîté et une pitié tendre dans ses prunelles. Il va répondre ; mais il préfère s’en aller silencieux.

Et le cavalier imberbe prend place près d’un feu de racines sèches, parmi les hommes qui fument en devisant.

Nuit sur les champs d’alfa.

Sous la tente sultane, dans la partie basse et enfumée où chaque négresse esclave a son foyer et ses ustensiles, des femmes veillent.

Ce sont les épouses du seigneur, la Soudanaise, concubine légitime, et les deux Amourïat qui séjournent à la zmala.

Il manque Defla. Elle est allée dormir avec Reïra, la compagne solitaire de Si Laïd. Et, tout à l’heure, Ferfouri a disparu très pâle.

Un feu brûle dans le sol creusé.

L’une des femmes allaite le dernier fils du maître, rejeton misérable du vieillard alcoolique.

Les vêtements souillés et vieux des femmes de Bou-Halim frôlent les brocarts et les soies des hétaïres. Leurs parures sont pauvres près de celles de ces idoles vivantes et peintes, lourdes d’offrandes passionnées. Mais les épouses ne sont pas jalouses des bijoux des danseuses, parce que peu furent donnés par l’agha, et ce ne sont pas là leurs égales. Sous les tentes, pourvu que soient également répartis les dons matériels plus que les faveurs conjugales nul sujet de dissentiment n’existe.