La chanson s’acheva par une plainte enfantine et profonde.

— Ma sœur Mouni, quel chagrin ?

Et Mouni debout, le corps vibrant :

— Je ne resterai pas ici ! Sur la tête de ma mère, je ne resterai pas ici !

— Pourquoi ?

Les yeux de l’enfant eurent une désespérance infinie.

— Mon cœur et ma tête ont suivi le galop du cheval de Si Mahmoud…

— Ah ! Mouni, tu pleures pour cette femme.

— Je ne pleurerai plus. Ai-je pleuré ?… Je chantais pour un cheval que j’aimais une fois, que j’appelai Guelbi. Si Mahmoud est une femme, je méprise Si Mahmoud. Mais je veux partir parce que déjà les hommes d’ici et ceux de la zmala savent que je suis belle. Mon père pourrait me donner à l’un d’eux et, maintenant, je les hais tous !

Le visage de Noura s’illumina :