NOTRE-DAME D’AFRIQUE…

Elle domine le large de la mer où le jeu des lames courtes et du soleil met les ocelles d’une queue de paon.

Des Arabes viennent au sanctuaire chrétien, conduites par la superstition, la belle croyance au merveilleux que garde l’Orient traditionnaliste.

Au seuil de l’église, elles s’arrêtent. L’aumônier passe, contemplant la mer. Les femmes le regardent, indécises. Mais une vieille élève la voix :

— Ne craignez pas, il connaît les Musulmanes.

Elles entrent…

Et Mouni vêtue d’une robe d’Europe toute neuve, un chapeau abritant son visage doré, ses pieds pris dans des bottines, Mouni échappant à Noura et à l’Amie suit les femmes d’Islam.

Mouni était la conquête de Noura Le Gall. L’influence de Lella Fatime avait pesé sur l’assentiment de Bou Halim.

L’agha consentait, sous condition que Mouni garderait intacte sa croyance et reviendrait au premier signe. Il se séparait facilement de l’enfant, ne s’étant inquiété d’elle que si une rumeur répétait qu’elle était jolie et que les plus riches la voudraient à cause de sa nature ardente qu’observaient et dont s’entretenaient les vieilles colporteuses en choses d’amour.

Pour Noura, Bou-Halim n’avait pas de sympathie, mais une grande estime, appréciant la droiture et la fermeté de son caractère. En accédant à son désir d’emmener sa fille, il jugeait aussi que le beylik français, après le mariage de Fatime, l’instruction de Si Laïd, considèrerait celle de Mouni comme une nouvelle preuve d’un loyalisme digne de récompenses.