— Avez-vous en soulevant le voile, trouvé le mot de l’énigme qu’il cache ?
— Le mot est au-delà du visage obstiné.
La salle claire et bleue ouverte sur la terrasse. Et, dispersées au hasard des petites tables, des coussins ou des banquettes basses suivant leurs occupations, des fillettes arabes.
Voici Mimi, dont l’intelligence est un fruit doux et transparent ; Mimi aux yeux verts, aux sourcils roux, aux joues roses.
Voilà Fafann, semblable à une grosse citadine tunisienne, et, près d’elle, Helhala qui a le nom de la lavande sauvage, la mine d’un écureuil sous la broussaille de ses cheveux teints, échappés d’un petit hennin violet enturbanné d’un rouge foulard.
Cette autre au long visage de cire avec le bleu réseau des veines, c’est Djénèt. Puis, Sadïa à l’honnête figure, aux mouvements paresseux ; Louïz, fille d’un riche colporteur assassiné en Europe ; Fatma, Leïla, R’naïfa, Yamine, les toutes petites ; et Merïem la taciturne au front étroit : et Zorah la douce ; et Richa dont la légèreté porte un nom de plume[16], Richa qui fut un enfant abandonné au seuil d’une koubba et qu’un vieux couple méditatif et heureux adopta. Zoubéïda la blonde est son amie.
[16] Le mot « richa » désigne une plume.
Il manque Borneïa qui a des lèvres épaisses et des prunelles dormantes.
En la présence de ces enfants, qui ont de sept à quatorze années, se résume le premier effort de Noura Le Gall.
Helhala, Merïem et Fafann ont quitté l’école communale pour venir chez la jeune Mâlema.
Fafann disait :