— Je donnerais des fêtes pour les pauvres au tombeau de Sidi Ben Drahm ; mais je ne suis pas assez riche, dit Helhala.

— Point n’est besoin d’être riche, petite fille. Vous obéirez à toute la sagesse et cela suffira. Vous pratiquerez la vérité ; vous haïrez le mensonge. Celle qui commet une faute, grave ou légère, est une enfant du péché. Mais pourquoi se tairait-elle et cacherait-elle sa faute ? Dieu la voit et le visage de la coupable l’accuse. Veut-elle garder la faute comme une éternelle brûlure à son front et dans sa mémoire ? Elle avouera ; — le courage et la sincérité rachètent tout. Elle se repentira ; il lui sera pardonné ; elle retrouvera le bonheur.

« Mes petites filles, appliquez-vous à devenir des femmes de bien pour mériter et augmenter la tendresse de vos pères, le respect et le sûr amour de vos maris, la vénération et l’obéissance de vos fils. Devant une femme de bien, les vieillards s’inclinent, le Prophète sourit, les jeunes hommes disent : — « Hamed-ou-Allah[18] si nos épouses et nos filles lui ressemblent. » — La femme de bien est pure d’hypocrisie, de mauvais penchants, de haine, de colère et de médisance. Elle ne dit ni ne fait rien qui ne puisse être révélé. Il n’en résulte jamais pour elle la rougeur de la honte et le mépris des gens honnêtes. Mais toutes ses actions et ses paroles doivent concourir à la paix de son foyer et à sa bonne renommée.

[18] Louange à Dieu.

« Soyez persévérantes dans le travail, patientes dans le chagrin, humbles et généreuses dans l’abondance, afin que le pauvre et le malade se réjouissent par vous. Si la paresse se mêle à l’écheveau de la broderie, au dessin du crayon, aux signes de la plume, la paresse qui a le visage stupide et l’impatience à la bouche grimaçante, nous les chasserons pour ne pas devenir pareilles à elles.

« Surtout, vous connaîtrez l’obéissance aux bonnes paroles. Mes petites filles, que l’obéissance vous soit sacrée. Il est écrit que si vous refusez d’obéir, Dieu vous punira en vous faisant la guerre. Au jour de la résurrection, heureux ceux qui auront obéi !

« Saluez et considérez la vieillesse avec respect. Saluez et considérez tous ceux qui sont plus âgés que vous avec déférence.

« Ne dites pas : — « Nous nous inclinons et nous obéissons devant ceux-là ; mais derrière eux nous aurons le rire méchant, le cœur rebelle. » — Dieu sait et juge ; il voit et entend tout.

« Vous donc, grandissez dans la sagesse qui est une beauté, pour devenir de ces femmes nobles, pures et fidèles qui sont bénies. »