La leçon finie, Noura demandait :

— Pourquoi Borneïa n’est-elle pas venue ?

— Doudouh doit le savoir, répond Mouni. Je l’ai vue parler à la mère de Borneïa.

Du haut de l’escalier blanc, elle se penche sur la cour intérieure, appelant la servante.

— O Mâlema, la mère de Borneïa ne veut plus t’envoyer sa fille. Elle raconte que tes leçons avec le Koran cachent ton désir qui est de convertir les musulmanes à ta religion.


Noura descend l’escalier de faïences vertes, traverse la cour dallée de blanc et noir où s’élargit l’ombre d’une vigne et d’un figuier. Elle franchit l’antichambre obscure où d’épaisses nattes de drinnu sont fraîches aux pieds nus. La voici hors de sa maison mauresque, dans les rues capricieuses de la ville arabe.

Au fond d’une impasse, elle pousse une porte vermoulue.

— Borneïa ! Ya Borneïa !

— Qui es-tu ? gronde une voix mécontente.