L’atmosphère se saturait de parfums. L’atrium brasillait de bijoux et de regards.

Le moment vint où l’on emporta de nouveau Richa pour la dépouiller du suaire. Durant son désespoir simulé selon le rite, on fit sa toilette de noces. On la vêtit de tous les dons du fiancé. Elle fut prestigieuse comme une légende et livrée ainsi à son destin.

Noura qui cache des larmes est revenue près de l’étroite fenêtre à croisillons. Soudain, elle gagne le patio, un cri de bienvenue et d’amitié aux lèvres en cette heure triste.

— Claude Hervis !

Et Claude Hervis abandonne ceux qui l’entouraient pour n’être plus qu’avec le regard, le geste et la voix de Noura.

Noura, Claude et Mouni bavardaient dans du soleil, sur la terrasse.

L’artiste constatait la transformation du petit genêt saharien, écoutait les réflexions pondérées et justes que Mouni mêlait à la causerie. Il finit par dire :

— Noura est un merveilleux jardinier. Je ne reconnais plus la fleur des champs d’alfa. Mais tu es trop française, aujourd’hui, Mouni, ta melahfa ne te va plus.

Mouni se leva silencieusement et descendit près de Lella Fatime.