Les femmes chantèrent, improvisant à leur fantaisie. Elles se répondaient et leur refrain avait des réminiscences de flûte bédouine au large des champs ou de tourterelles sauvages en forêt.

Qui possèdera les beaux jeunes hommes ?

Qui possèdera les filles aux yeux bavards ?…

Ma lèvre a soif et l’eau des torrents

Est impuissante à calmer sa brûlure !…

Je connais la rivière profonde

Où la soif s’apaise,

Et renaît,

Et s’apaise encore…

Par intervalles un frisson plus long agitait le corps de la mariée. Alors la mère se penchait, soulevait à peine un coin du linceul et, de bouche à oreille, parlait à la « petite plume ».