Vaut-il une larme ?

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L’or ne vaut que de l’or ;

L’amour vaut de l’amour ![2]

[2] Swinburne, poèmes.

La sagesse atavique de Mâadith a découvert la même vérité que la philosophie du poète occidental.

Un autre sage écrivait de la civilisation :

« … perfectionner sans cesse la vie, l’entraîner sans cesse vers le progrès pour la laisser ensuite frémissante et désespérée au milieu du chemin… »

Sœur Cécile a connu ce frémissement, éprouvé cette désespérance. Mâadith résout le problème et la civilisation ne peut plus rien pour elle ou contre elle…

Je revois les Sœurs Blanches, celles qui sauvèrent l’enfant pour en faire la jeune fille. Je revois la supérieure dont l’exemple, faillit faire de la jeune fille, une ardente disciple pour un apostolat fécond, — la supérieure à laquelle j’écrirai seulement que Mâadith est heureuse en ce monde. Je revois le Père André qui, dans sa profonde expérience du cœur humain et des puissances ancestrales, avait pressenti ce qui est arrivé, — le Père André, qui mesurait les responsabilités de la piété et d’une civilisation modelant une âme sauvage sans pouvoir la fortifier d’une armure invincible, mais en la rendant plus accessible à toutes les formes de la douleur.