ODETTE COURAIT APRÈS LES
PAPILLONS.

«Je me suis tellement intéressée à l’histoire de Mlle Noémie Hollemechette, que je voudrais bien savoir si elle existe réellement. Voudriez-vous être assez obligeant pour me le dire, car, avec la permission de ma mère, je désirerais beaucoup apporter quelque adoucissement à ses peines. Si déjà une autre personne ne s’intéresse pas à elle, voudriez-vous vous charger de lui demander de venir à la maison un jour de cette semaine (sauf jeudi) après quatre heures. Je vous prie de m’excuser du dérangement que je vous occasionne.

Recevez, Monsieur, avec tous mes remerciements, mes meilleures salutations.

«Nicole Trèves.»

Quand je cessai de lire ma lettre, tout le monde garda le silence. Alors, je me retournai et je vis que Tantine Berthe, maman et Mme Moreau souriaient. C’est pourquoi les autres ne disaient rien. Moi aussi, j’étais émue; alors je me jetai dans les bras de maman.

«Oh! ces petites Françaises, quel cœur elles ont! Tout comme leurs papas et leurs grands frères! s’écria tantine Berthe en me rendant la lettre de Nicole Trèves.

—Tu vas vite lui répondre, n’est-ce pas? dirent alors Marie et Jeanne.

—Oui, bien sûr, et quand je retournerai à Paris, je voudrais aller la voir, cette petite Nicole Trèves.

—Oui, dit maman, c’est une petite fille très bonne qui a écrit cette lettre, parce qu’elle a pensé que les Belges sont bien malheureux, et elle a fait une chose meilleure que tous les biens que l’on peut offrir: celle d’adoucir les chagrins et d’apaiser la peine par un témoignage sympathique.»

Je pensais justement ce que maman disait; j’aurais voulu tout de suite voir et embrasser Nicole Trèves.