A Champdieu, Mme Mase est d’abord allée chez une dame qui vend des légumes et des fruits. Elle était dans un grand potager plein de poiriers surchargés de grosses poires. Au milieu des arbres, il y avait une petite fille brune, de neuf ans environ.

«C’est Odette, me dit Pierre, c’est la nièce de la propriétaire du jardin.»

Je regardais la petite fille, elle était un peu plus petite que moi, très brune de peau, avec de grands yeux gris bleu, des cheveux châtain foncé pas frisés du tout et qui tombaient tout droit, retenus sur le front avec un ruban mauve. Elle était, comme Barbe, très potelée. Elle portait une robe rose et blanche avec une guimpe blanche qui laissait voir ses petits bras bruns. Elle semblait très vive et se précipita vers Marie et Louise.

«Bonjour, bonjour, vous allez à la promenade?»

Elle ne parlait pas de la même manière que mes amies ni que Pierre.

«Ne t’étonne pas, me souffla-t-il, c’est une Bordelaise, elle a l’accent du midi.»

Cela m’amusait beaucoup de l’écouter, et puis je la trouvais tout à fait gentille.

«Est-ce que nous ne pourrions pas l’emmener goûter avec nous?