«—Maman m’a laissée ici pour que je garde papa, je ne le quitterai pas....

LE SOLDAT BELGE EMBRASSA BARBE.

«—Très bien, ma fille, dit la Tantine Berthe, et comme je suis trop vieille pour courir la nuit dans les rues, je vous attendrai ici; mais revenez, car moi aussi je dois veiller sur vous deux, je l’ai promis.»

«Alors nous voilà en chemin tous les trois pour suivre les maisons de la rue de Namur et voir si les prescriptions étaient bien observées. Beaucoup de familles étaient déjà parties après avoir allumé une bougie dans leur salon sans laisser les portes ouvertes; ces maisons seraient donc incendiées et pillées. C’est pourquoi nous heurtions à toutes les portes fermées et si on ne nous ouvrait pas, nous brisions les serrures. Votre fille Madeleine s’était armée d’une hache et frappait elle-même avec force, et je l’ai vue monter sur une échelle et pénétrer dans une maison par la fenêtre d’un premier étage pour ouvrir la porte du dedans.

—Mais votre fille est une héroïne! s’écria le vieux monsieur aux cheveux blancs.

—Vous ne la connaissez pas, mais elle ressemble tout à fait à maman dis-je.

—Continuez, continuez, s’écria maman.

—De cette façon les maisons de cette rue n’ont pas été incendiées; le matin nous avons pu voir les nouveaux désastres: les maisons de la rue de la Station et d’autres dont le feu était attisé par des soldats dont on voyait les silhouettes nettement dessinées sur le fond rouge des flammes.