Le vieux monsieur nous fit asseoir autour d’une table, Barbe, moi et Francine; maman ne voulait rien prendre, mais je dis tout bas au vieux monsieur, qui était notre ami maintenant, qu’il fallait donner du café à maman, car elle était fatiguée.

«Mais c’est véritablement une petite maman! Noémie, vous devez être la joie et le soleil de votre maison.

—Oui, dit maman, Noémie est aussi bonne que raisonnable.»

Je ne sais pas pourquoi, mais je me mis à pleurer.

Mme Pepinster apporta du chocolat avec de la crème pour Barbe et moi, et du café pour maman avec de grosses galettes toutes chaudes.

C’était très bon, et le vieux monsieur ne cessait de nous regarder en nous demandant si nous trouvions tout à notre goût.

«Oui, c’est très bon et je crois que j’en voudrais encore, dit Barbe.

—Oui, je vais vous donner un gros paquet de gâteaux que vous pourrez manger en voiture.»

Il fit faire un paquet bien ficelé, et puis il dit qu’il fallait vite aller chercher nos places, que sans cela nous n’en trouverions plus.

Grâce au vieux monsieur, le loueur dit qu’il avait un grand char à bancs où l’on pourrait tenir plusieurs. Il était attelé de deux bons chevaux, et il avait l’ordre de les mener à Ostende, où ils étaient réquisitionnés par l’armée, et que ses chevaux ne seraient pas fatigués d’avoir traîné ce tas de mioches.