—Mais comment vous remercier?

—Laissez-moi embrasser vos petites filles.»

Il nous embrassa toutes les deux, mais très vite, et aussitôt après, il cria très fort à un petit boy-scout qui était près de la porte:

«Dis donc, toi, fais entrer la première personne qui attend, et vivement.»

Une femme en pleurs entra.

«Monsieur le commandant, Monsieur le commandant, j’ai perdu mes enfants, j’ai perdu mes enfants!

—Vous êtes complètement folle. Expliquez-vous clairement. Asseyez-vous.

—Voilà. Nous avons fui de Tirlemont, où les Prussiens sont entrés un soir. J’ai pris mes enfants dans mes bras, un garçon de cinq ans et une petite de trois ans, et puis ma vieille mère qui, elle, portait un paquet de vêtements et notre pie dans une cage me suivait.

—Une pie? interrompit le major.

—Oui, Monsieur le major, une pie. Je ne sais pas comment cela est arrivé, mais enfin ma mère portait sa pie.