—Et puis après?

—J’étais très malade depuis bien des mois; alors, tout à coup, en courant, je suis tombée et j’ai perdu connaissance; quand je suis revenue à moi, il faisait complètement nuit et j’étais seule....»

Maman pleurait, le commandant toussait et la femme continua:

«Je me suis mise à marcher; sur la route j’ai rencontré un paysan qui avait des sacs de pommes de terre dans sa voiture. Il m’a fait asseoir à côté de lui et nous sommes enfin arrivés à Ostende après avoir passé par beaucoup d’endroits. Depuis hier au soir, je cours partout. Mes petits, mes petits?»

Alors le commandant lui fit dire comment étaient ses enfants, leur nom et lui promit de s’en occuper.

Maman voulait sortir avec la femme. Barbe tirait maman et voulait retourner voir Phœbus qu’on avait laissé tout seul.

En revenant, nous avons suivi toute la digue. Il faisait un beau soleil et, sur le sable, une quantité de petits enfants s’amusaient à faire des pâtés. Barbe voulait jouer. Maman, qui avait l’air bien triste et qui désirait rentrer pour tâcher de quitter Ostende le soir même me dit:

«Non, non; je veux encore aller ce soir à la caserne où sont les artilleurs, pour savoir s’il n’y a pas des nouvelles....»

Nous avons suivi l’avenue Léopold, puis la rue Henri-Serruys.

Barbe tenait maman par la main, dans l’autre elle avait sa fille Francine.