—Morte? Vous en êtes certaine? demanda maman.

—C’est sûr, allez! Je l’ai laissée sur une route, tombée morte, morte!»

J’avais envie de lui dire que nous l’avions vue, sa fille, mais comme maman ne parlait pas, je lui serrai la main. Maman se contenta aussi de me regarder et me dit tout bas: «Attends, il ne faut pas l’émotionner trop.

—Madame, écoutez, je vais peut-être pouvoir vous donner des nouvelles. J’ai vu quelqu’un qui venait de Tirlemont....

—Oh! oui, moi aussi j’en ai vu des gens qui venaient de Tirlemont! Et c’étaient des menteurs et des espions qui voulaient prendre mes petits-enfants.... Mais je les garde... je les garde!»

La pie continua à chanter: Beau, beau, beau, paire, paire, paire.

«Mais qu’est-ce qu’elle dit, la pie?

—Elle répète le nom de ma fille Beaurepaire! Pauvre bête!»

Maman dit adieu à la femme qui continuait de pleurer. Et maman prit Barbe et nous emmena très vite au quartier général pour parler au commandant de la pie que nous avions trouvée. Le commandant était auprès du Roi; une foule de soldats étaient là, avec des officiers, des automobiles, et des gens qui arrivaient de tous les côtés.

«Vous savez, les Allemands sont entrés dans Bruxelles, ils ont tout pillé....