Lorsqu’elle eut lu cette fable trois fois, elle donna le livre à Arthur, en lui disant d’apprendre maintenant tout seul, et elle rentra dans le bateau.

Aussitôt Arthur se mit à lire sa fable, et de ma place où j’étais resté, je le vis remuer les lèvres.

Il était évident qu’il travaillait et qu’il s’appliquait.

Mais cette application ne dura pas longtemps ; bientôt il leva les yeux de dessus son livre, et ses lèvres remuèrent moins vite, puis tout à coup elles s’arrêtèrent complètement.

Il ne lisait plus, et ne répétait plus.

Ses yeux, qui erraient çà et là, rencontrèrent les miens.

De la main je lui fis un signe pour l’engager à revenir à sa leçon.

Il me sourit doucement comme pour me dire qu’il me remerciait de mon avertissement, et ses yeux se fixèrent de nouveau sur son livre.

Mais bientôt ils se relevèrent et allèrent d’une rive à l’autre du canal.

Comme ils ne regardaient pas de mon côté, je me levai et ayant ainsi provoqué son attention, je lui montrai son livre.