Mais tout à coup il s’arrêta.

— Vois-tu un bouquet d’arbres ? me dit-il.

— Je ne vois rien.

— Tu ne vois pas une masse noire ?

Je regardai de tous les côtés avant de répondre ; nous devions être au milieu d’une plaine, car mes yeux se perdirent dans des profondeurs sombres sans que rien les arrêtât, ni arbres ni maisons ; le vide autour de nous ; pas d’autre bruit que celui du vent sifflant ras de terre dans les broussailles invisibles.

— Ah ! si j’avais tes yeux ! dit Vitalis, mais je vois trouble, regarde là-bas.

Il étendit la main droit devant lui, puis comme je ne répondais pas, car je n’osais pas dire que je ne voyais rien, il se remit en marche.

Quelques minutes se passèrent en silence, puis il s’arrêta de nouveau et me demanda encore si je ne voyais pas de bouquet d’arbres. Je n’avais plus la même sécurité que quelques instants auparavant, et un vague effroi fit trembler ma voix quand je répondis que je ne voyais rien.

— C’est ta peur qui te fait danser les yeux, dit Vitalis.

— Je vous assure que je ne vois pas d’arbres.