Enfin notre porte s’ouvrit avec un terrible bruit de ferraille et nous vîmes entrer un vieux monsieur à cheveux blancs dont l’air ouvert et bon nous rendit tout de suite l’espérance.
— Allons, coquins, levez-vous, dit le geôlier, et répondez à M. le juge de paix.
— C’est bien, c’est bien, dit le juge de paix en faisant signe au geôlier de le laisser seul, je me charge d’interroger celui-là, — il me désigna du doigt, — emmenez l’autre et gardez-le ; je l’interrogerai ensuite.
Je crus que dans ces conditions je devais avertir Mattia de ce qu’il avait à répondre.
— Comme moi, monsieur le juge de paix, dis-je, il vous racontera la vérité, toute la vérité.
— C’est bien, c’est bien, interrompit vivement le juge de paix comme s’il voulait me couper la parole.
Mattia sortit, mais avant il eut le temps de me lancer un rapide coup d’œil pour me dire qu’il m’avait compris.
— On vous accuse d’avoir volé une vache, me dit le juge de paix en me regardant dans les deux yeux.
Je répondis que nous avions acheté cette vache à la foire d’Ussel, et je nommai le vétérinaire qui nous avait assistés dans cet achat.
— Cela sera vérifié.