Les chefs des sections de propagande à l'armée de Tcheng sont partis entre deux rangs de portes entrouvertes : les jeunes Chinois aux vestons cintrés et aux larges pantalons, qui n'aiment pas à se nourrir de mets nationaux et s'expriment de préférence en anglais, ceux qui reviennent des universités d'Amérique et ceux qui reviennent des universités russes, les « affectés » et les « ours léninistes » regardaient passer, avec une condescendance dédaigneuse, les agents qui partaient s'engager dans les troupes ennemies...

Chacun son tour.

Nouvelles de Shanghaï :

Suivant les directives du Kuomintang, la Chambre de commerce chinoise décrète la confiscation des marchandises britanniques qui se trouvent entre les mains des Chinois. Elle interdit, à partir du 30 juillet et pour une durée d'un an, l'achat de toute marchandise anglaise, le transfert de toute marchandise par un navire anglais.

Les journaux de Shanghaï déclarent que le trafic britannique se trouvera réduit de 80 %.

Ce trafic (Hongkong mis à part) a été évalué l'année dernière à vingt millions de livres.

Hongkong ne peut plus compter que sur l'armée de Tcheng-Tioung-Ming.

Nicolaïeff a reçu les mots suivants, écrits en capitales : « SI LING N'EST PAS EN LIBERTÉ DEMAIN, LES OTAGES SERONT EXÉCUTÉS ». Les terroristes possèdent-ils réellement des otages ? Nicolaïeff ne le croit pas. Mais nombre des nôtres sont en mission et nous manquons de tout moyen de contrôle.

6 heures.

Un planton de la prison apporte à Garine des papiers : l'interrogatoire de Ling.