- Pas particulièrement...
Il appelle le chauffeur, qui s'approche.
- Chez Thi-Sao.
Nous partons. Banlieue éclairée par de rares réverbères, pans de murs noircis, arroyos où tremblent de grosses étoiles presque effacées, nuit informe trouée çà et là de taches carrées : les échoppes annamites où veillent des marchands immobiles entre des piles de bols bleus... Gérard est-il vraiment un ancien professeur ? Son caractère, son vocabulaire changent à mesure qu'il se fatigue... J'aimerais à savoir...
Nous allons très vite, et j'ai maintenant presque froid. Calé dans mon coin, les bras croisés pour me protéger, j'entends encore le verbiage démocratique du dîner, ces formules, dérisoires en Europe, recueillies ici comme les vieux vapeurs couverts de rouille ; je vois encore l'enthousiasme grave qu'elles font naître chez tous ces hommes, qui sont presque des vieillards... Et le comité cantonais qui dirige tout cela s'élève lentement derrière ces dépêches que Hongkong ne peut cacher, et qui apparaissent, une à une, comme des blessures.
1er juillet
Hongkong. - Les infirmiers chinois des hôpitaux sont tous en grève.
Les bateaux de la Compagnie de Navigation de l'Indochine sont immobilisés dans le port.
De nouveaux attentats ont été commis hier.
On est sans nouvelles de la concession de Shameen.