- Quelle quantité de gazoline ?

- Quinze cents... (suit le nom d'une mesure chinoise que je ne connais pas).

- Quand sera-t-elle livrée ?

- Demain. Le chèque ici même, comme d'habitude.

- Voulez-vous que je le signe immédiatement ?

- Non. Chaque chose en son temps.

- Alors, au revoir, monsieur Garine. À demain.

- À demain.

« Il nous achète les produits que nous envoie l'U. R. S. S., me dit Garine à mi-voix en français pendant que le Chinois s'en va. L'Internationale n'est pas riche, en ce moment, et les envois de matières premières sont bien nécessaires. Enfin, ils font ce qu'ils peuvent : gazoline, pétrole, armes, instructeurs... »

Il se lève, va jusqu'à la porte, regarde ; plus personne. Il revient à son bureau, se rassied et ouvre un dossier : HONGKONG. Les derniers rapports. Il me passe, de temps à autre, certaines pièces qu'il veut classer à part. Pour avoir moins chaud, j'abaisse la manette qui commande le ventilateur ; aussitôt les feuilles s'envolent. Il arrête le ventilateur, reclasse les feuilles éparses et continue à souligner certaines phrases au crayon rouge. Rapports, rapports, rapports. Pendant que je prépare un résumé de ceux qu'il a choisis, il sort. Rapports...