Le mot de la Gaude évoquait ces racontars méchamment, et Urbain Coët, devinant le sourire venimeux des hommes, derrière lui, se cramponnait à son pinceau pour ne pas leur lancer son poing dans la figure.

Au bord de la fenêtre, la Gaude s’étirait, la croupe bombée, les seins hauts, cherchant de ses bras basanés les cerises empourprées de soleil. Elle en cueillit un bouquet et les happa d’un coup en arrachant les queues de sa bouche. L’œil inquiet de Mathieu veillait le cerisier et François accourut avec le coaltar pour détourner l’attention de la jeune femme.

—Voilà tes cinq kilogs, c’est-il pour le compte d’Olichon?

—Ben sûr! répliqua-t-elle en soufflant des noyaux au nez de Perchais.

Onze heures sonnèrent à la cloche fêlée du vieux clocher de ville. Les Goustan lâchèrent précipitamment l’outil comme des ouvriers à la journée; François bourra un sac de copeaux pour sa femme; grand-père serra ses lunettes et Théodore déhala sur la vase la yole qui sert à franchir le port.

Le soleil était haut; l’air brûlait, immobile et sec.

—On prend l’apéritif? proposa Perchais à la Gaude.

—Ah! j’ai point l’temps!

—Que si! on rentrera ensemble et je porterai ta marmite, offrit Double Nerf.

Cependant Urbain Coët s’entretenait à mi-voix avec le père Goustan: