Et la Gaude repart en plein soleil, par la côte ouest, les cheveux croulant de sa résille, tandis que Gaud, à bout de souffle, s’arrête et la chasse à coups de pierres comme une chienne en rut.
Jean-Baptiste a expiré, à plat ventre sur la grève. Ses deux mains écartées ont fouillé convulsivement le sable dont elles étreignent une poignée. La plage est ravagée, tachée de noir, de sang déjà bu. La mer ondule joliment sur les coquillages qui bruissent. La chemise de la Gaude est très blanche dans l’ombre qui gagne. Un lapin sort des roches et flaire, le nez palpitant.
D’une fenêtre de la tour, Sémelin entend hurler au sémaphore. Il ne sait pas où est Jean-Baptiste, mais grogne:
—Faut que tout ça finisse.
Et il monte jusqu’à la lanterne, envoyer le pavillon pour demander la chaloupe.
III
LA MER
Dominique-Augustin Bernard, brigadier des douanes, venait de prendre sa retraite après vingt-cinq ans de service. Outre ses vieux uniformes, l’Etat lui abandonnait généreusement un certificat pour reconnaître son zèle et une pension annuelle de mille-dix francs, avec quoi il rentra au foyer en proclamant:
—On est rentier à présent!