Mars lui donna sa valeur,
Hercule donna sa force,
Et Jupiter sa terreur,
Qui la force méme force.
Mais Vulcan lui façonna
De fin acier bien trempée
Une foudroyante epée
Qu’en present il lui donna
Pour en frapper les rebelles,
Et la rogue nation
Qui nous a fait des quereles
Souz feinte religion.

STROPH. 3.

Il n’estoit pas hors le berceau,
Il n’avoit quitté son enfance,
Que son âge plus tendre & beau
S’endurcissoit à la souffrance
Des âpres & dures rigueurs
Des froidures & des chaleurs,
Afin qu’un jour il peust à l’aise
Supporter de Mars le mesaise,
Puis que son destin estoit tel,
Que parmi les chaudes alarmes
Il devoit se rendre immortel,
Par l’effort de ses fieres armes.

ANTISTROPH.

Qui l’a jamais veu sommeiller,
Ou les mains avoir endormies,
Quand il a fallu chamailler
Dessus les troupes ennemies?
Témoins en sont tant de combats
Où il a cent fois du trépas
Loin repoussé la violence,
De sorte que méme la France,
France nourrice des guerriers
Par ses longs travaux fatiguée
Est le sujet de ses lauriers
Pour s’estre contre lui liguée.

EPOD.

Et apres s’estre soumis
La populace mutine,
Il a fait qu’ores Themis
Seurement par tout chemin
Afin qu’une ferme paix
Au moyen de la Justice
En sa maison s’établisse
Qui soit durable à jamais,
Et que toujours souz son aile
Fleurisse la pieté,
Sans qu’oncques elle chancelle
Ni d’un ni d’autre côté.

STROPH. 4.

Grand Roy nous te devons ceci,
Vire mille fois davantage.
Mais il reste encore un souci
Digne de ton vieillissant âge,
Afin que la posterité
Entende que ta pieté
N’estoit dedans ta France enclose.
Il faut, grand Roy, faire une chose,
Il faut ores du Tout-puissant
Porter le nom souz ta banniere
Où son Soleil resplendissant
Chacun jour finit sa carriere.

ANTISTROPH.