Aussi, dès qu'on donna le signal au troisième groupe, dont faisaient partie les concurrents Flotte et de Roy, ceux-ci s'élancèrent-ils bride abattue pour la plus grande stupeur de leurs rivaux, qui supputaient sagement, eux, les 58 kilomètres à parcourir, l'arrivée se trouvant à Dieppe.

Cependant, Choudens poursuivait ses deux champions en automobile.

«—Plus vite… plus vite, ordonnait-il de temps à autre. Ne faiblissez pas… Vous perdez beaucoup de train, monsieur… Au galop, la côte, au galop…»

Le premier groupe et le second furent semés en un instant. On n'entendait plus sur la route que le double bruit des cavaliers et le souffle court de l'automobile. Après quelque temps, toutefois, de cette course furieuse, Brin d'Amour, qui n'avançait plus depuis quelques minutes qu'à toutes petites foulées mélangées d'un trot misérable, s'arrêta presque court et se coucha: «Relevez-le!» cria Choudens. Et la bête, presque aussitôt, de se redresser sous le bâton, en effet; mais un quart d'heure ensuite, c'était Helléniste qui se laissait aller par terre.

Cette fois, l'implacable vétérinaire descendit de sa voiture, et, son examen rapidement fait: «M. de Roy, prononça-t-il, arrêtez-vous. Laissez reposer votre cheval et finissez le parcours au pas. Vous avez le temps.

—Mais le doping?

—Non.

—Pourtant, l'animal est à bout, vous le voyez bien, il agonise!

—Non, vous dis-je. Il respire. C'est encore trop.»

Puis, sur ces paroles incompréhensibles, laissant le capitaine abasourdi, notre Choudens regagna en deux bonds son auto, et le voilà parti sur la trace du lieutenant Flotte.