«—Les chevaux ne vont guère, M. Choudens…»

Et, en effet, amenés au lieu du départ, ils montraient un poil terne, des jambes raides, l'œil morne. Choudens se frottait les mains. Le lieutenant Flotte, désespéré, finit par risquer timidement:

«—Enfin, M. Choudens, ces annonces que vous avez faites… ce doping… Nous serions prêts, le capitaine et moi, à laisser tenter l'expérience. Brin d'Amour n'est pas brillant, à mon sens, et Helléniste ne se présente, il me semble, pas beaucoup mieux…

—Nous verrons, nous verrons, répondit le vétérinaire. Laissez-moi bien réfléchir.»

Lorsqu'enfin MM. Flotte et de Roy s'apprêtèrent à se mettre en selle, l'étrange bonhomme s'approcha d'eux, et, à voix basse: «Je suis décidé, fit-il. J'userai du doping en votre faveur, quand le moment en sera venu. Mais à la condition formelle que vous vous en remettiez absolument à moi du soin de régler votre allure. Vous y engagez-vous?

—Accepté.

—Vous partirez donc au triple galop, et vous conserverez ce train tant que ce sera possible.

—Mais…

—C'est à prendre ou à laisser.»

Bah! l'infortuné Brin d'Amour et le piteux Helléniste étaient, comme on dit, fichus, n'est-ce pas? Ils n'arriveraient point dans les premiers, sans l'ombre d'un doute. Alors, pourquoi les ménager? Autant les confier à ce vieux maniaque.