Marc fit donc son entrée vers minuit, et fort résolument. Il se dirigea tout de suite vers le groupe de Sylvie. On s'y récria.
«—Comment... Pas possible... Qu'arrive-t-il?... Les athlètes s'en vont... Vous verrez qu'il dansera... Et en mesure, encore.»
Sylvie elle-même lui dit en souriant: «Quelle aubaine!» Mais celui-ci avait son idée: «Je suis content, madame. Il m'est arrivé cette semaine un grand bonheur, et en témoignage de réjouissance, je sors, je cours les fêtes, j'irai, si vous le permettez, vous rendre visite, je fais enfin tout ce qui peut m'être agréable.
—Bravo! Toutefois ne saurons-nous pas pourquoi vous voilà si joyeux?
—Si, je puis le dire, mais à vous seule.»
Cette réponse était directe. On se regarda dans le groupe avec stupeur. Quelle audace! Et Pauline? Elle restait saisie. Et Sylvie? Elle riait.
«—Cela me paraît d'un sérieux effrayant. Pourtant, je veux montrer du courage, et je vous entendrai—tout à l'heure.
—Je reste là, madame.»
Et Marc en effet s'installe, se croise les bras, prend racine. On le considère avec une sorte d'indignation. Quoi! vraiment, va-t-il demeurer ainsi? Il n'a donc aucun sentiment du ridicule? Non. Et quelle éducation! Sans doute. Mais en attendant, le voilà dans la place, impassible, pesant, inébranlable, tant et si bien qu'après une demi-heure Sylvie, amusée au fond et intriguée aussi, finit par lui prendre le bras.
«—Allons, menez-moi au buffet, et venez dans un petit coin me confier votre secret.»