Pourtant, il se rappelait sa première entrevue avec Pauline, alors qu'il était venu en Hariale pour la séduire, et rien que pour cela. Elle lui avait insolemment ri au nez: alors il s'était senti piqué, fouaillé, séduit; et n'eût été l'arrivée fortuite de Sylvie... Maintenant, la même Pauline se dressait sur son chemin, le matait, le renvoyait... Et comme c'était fait! En dix minutes à peine. Voilà du joli travail, à la bonne heure. Marc se reconnaissait honteusement battu; mais il ne le constatait peut-être pas, au fond, sans douceur. Allons, que cela soit de l'amour ou non, après tout...

Il s'habilla et se rendit au Pneu, où il se fit annoncer chez son vieux confident Amédée Paqueret. Celui-ci le reçut tout de suite:

«—Eh bien, lui demanda-t-il dès l'abord et selon sa coutume, rien de neuf en Hariale?

—Si, justement.

—Bah! Sylvie prend un autre amoureux? Non? Elle conserve donc toujours le même? Eh bien, mes compliments. Mais, mon petit, et sans reproches, je ne vois guère là de fait nouveau. Attendez pourtant... Notre amie ne songerait-elle point à rompre un trop long veuvage?

—Il ne s'agit pas d'elle, du moins pas directement d'elle.

—Oh, oh, serait-ce en ce cas de ma filleule qu'il nous faut parler? Mais vous n'allez pas m'annoncer, j'espère, ses fiançailles avec le petit marquis de Caumais-Simier. On m'a fait là-dessus des cancans affligeants.

—Caumais-Simier ne quitte pas les hommes d'affaires, les experts et l'architecte. Il a bien d'autres soucis en ce moment, et de plus pressants encore que de songer à se marier.

—Alors, si j'en crois votre air agité, il serait survenu quelque incident entre Pauline... et vous?

—Ma foi, c'est cela.