Marc de son côté ressentait un succulent orgueil à tenir dans ses bras Sylvie, Sylvie Montreux! A qui celle-ci ne fût-elle pas apparue comme resplendissante de gloire? Son corps soyeux et velouté, son corps doux et lumineux, et mieux encore un certain rire paisible, de certains gestes plus qu'adroits, tout accusait en elle le meilleur âge pour aimer.
Bref, ils se quittèrent en souriant, ce qui est rare en pareil cas.
«—A bientôt?
—Nous verrons. Ne nous pressons pas trop, c'est plus sage.
—Quel jour cesserez-vous d'avoir raison?
—Le jour que je ne serai plus de votre avis, et ce jour-là, vous saurez bien me le dire, je m'y attends.
—Si j'avais de l'esprit, je vous répondrais amèrement, madame.
—Vous avez d'esprit ce qu'il m'en faut: sur les lèvres... Au revoir!»
Marc referma gaîment sa porte. Il remit en place quelques coussins, resserra son nœud de cravate. On sonna.
Son domestique avait congé pour la journée. Le jeune homme s'en fut donc ouvrir lui-même, et faillit reculer de surprise, presque d'effroi. Toute droite, inévitable, les mains tremblantes, mais le visage terriblement résolu, Pauline se tenait devant lui.