—Voyons, reprit Marc d'une voix soudain faible, et bien humble, et singulièrement tendre—voulez-vous que nous soyons... très francs l'un avec l'autre?»

A quel point souffrait-elle, cette ombrageuse Pauline, pour qu'un peu de douceur fût ainsi venue à bout de toute sa fierté, pour que, n'y tenant plus, elle eût éclaté soudain en sanglots?

«—Pauline, qu'avez-vous? Mon Dieu, vous ai-je froissée, vous ai-je fait de la peine?... Répondez-moi, qu'y a-t-il?

—Il y a... que Sylvie me vole, entendez-vous, puisque tous ceux que j'eusse aimés, elle me les prend! Et il y a que maintenant, j'en ai assez, que je ne veux plus. Tant pis, je lutte! Marc, je peux me tromper cruellement, et c'est fou peut-être: pourtant je crois... je crois...»

A la fin, elle parvint bien à le lui dire, sans doute, ce qu'elle croyait, mais tout bas, mais tout près, mais avec tant de passion aussi, que la plus troublante des phrases dont elle se servit ne contint pas un «Vous m'aimez,» encore moins de «Je vous aime,» et que, tout simple cependant qu'il fût, Marc entendit ce second aveu à merveille, s'il ignorait le premier moins que personne.

Et tous deux ne retrouvèrent leur parole vive que pour fixer quelques points, traiter d'avenir et s'occuper d'autrui.

«—Donc, vous quitterez Sylvie?

—Mais sous quel prétexte? C'est impossible.

—Je sais un moyen, moi.

—Non, Pauline, il n'y en a pas. J'appartiens à Sylvie. Renonçons plutôt. Que lui répondrais-je...