BIENFAISANCEBYEN-FÈ-ZANS’,
familièrement…-FE-…

Mieux encore : l’orthographe peut procéder mot par mot ; la notation phonétique, si elle veut être scientifique et complète, doit procéder phrase par phrase, et figurer non seulement les sons qui composent un mot, mais les combinaisons de sons qu’engendrent ou que modifient les combinaisons de mots dans le rythme d’une phrase. M. Rosset, maître de conférences à l’Université de Grenoble, s’en est bien aperçu quand il à voulu réunir des Exercices pratiques d’Articulation et de Diction pour ses étudiants étrangers, et M. Rosset est l’un des jeunes maîtres de la « phonétique expérimentale ». Il nous dit en sa Préface :

« M. l’abbé Rousselot et M. Zünd-Burguet, dans les articles qu’ils ont publiés dans la Parole, dans les Archives internationales de Laryngologie (tome XVI) et dans die Neueren Sprachen (1902), ont les premiers exposé quels avantages l’enseignement pratique des langues vivantes peut retirer de la phonétique expérimentale. C’est de leurs conclusions que s’inspire cette méthode. A côté de l’enseignement théorique, on veut mettre désormais la démonstration expérimentale des articulations ; le palais artificiel, les ampoules exploratrices, le cadran indicateur, le cylindre inscripteur, le tambour enregistreur, le manomètre à eau, le signal du larynx, etc., permettent désormais de connaître et de montrer exactement quels organes interviennent dans la production du son, dans quelle mesure, à quel moment ; ils peuvent aussi révéler quelles erreurs commet un étranger dans la mise en action des organes phonateurs ; ils lui permettent de se rendre compte lui-même, par la vue, que a allemand ne s’articule pas comme a français, de vérifier expérimentalement si les corrections qu’il essaye sont heureuses, de s’assurer enfin qu’il met bien en mouvement les organes nécessaires, ceux-là seulement, et dans la mesure exacte qui convient. Parler une langue correctement, ce n’est pas articuler sans fautes des mots isolés, c’est prononcer des phrases avec l’accent, les accommodations, le rythme, l’intonation qu’un indigène leur donne spontanément, et qu’un étranger doit apprendre, avec peine parfois. »

Et joignant l’exemple au conseil, M. Rosset nous donne, en face de l’écriture orthographique, la véritable et complète notation phonétique :

lalbatrós

suvã púrsamuzé lezomœdekipàj

prènœdezalbatrós, vastœzwazódemèr,

kisẅívœtẽdolãkõpan̰õdœvwayàj

lœnavirœglisãsúrlegufrœzamèr.

apènœlezontildepózésúrleplãc