Détermine la part qui à chacun revient,

Dans les charjes d’État, la fortune publique.

Banissons la Routine, un moral esclavaje,

Faizons du producteur le hardi combatant

Qui doit produire plus sans dépenser autant,

Pour qu’il vende moins cher, en gagnant davantaje.

Le Réformiste. 15 mai 1905.

Les fames sont extrèmes : èles sont meilleures ou pires que les homes. Fédon a les yeus creus, le teint échaufé, le cors sec et le visaje maigre. Cète fatuité de quelques fames de la vile, qui cause en èles une mauvaise imitacion de cèles de la cour, est quelque chose de pire que la grosièreté des fames du peuple et que la rusticité des vilajoizes : èle a sur toutes deus l’afectacion de plus.

Orthographe nouvelle selon le Rapport de M. Paul Meyer.

Tel est l’aspect aimable sous lequel certains réformateurs souhaiteraient que désormais le français fût écrit. Nous avons tous appris, avec plus ou moins de peine, notre grammaire française et la façon dont il convient de former les mots sur le papier. Nos enfants continuent présentement à épeler, à lire, puis à se mettre en tête un certain nombre de règles et d’exceptions : ce travail, comme d’ailleurs tout autre, leur semble fastidieux, et l’on peut croire qu’ils préféreraient s’en aller jouer aux barres, à la toupie ou à la poupée. Mais enfin ils s’y sont accoutumés, et depuis un siècle ou deux, beaucoup d’entre eux sont devenus par la suite de grands hommes dans les sciences et dans les lettres, sans que l’étude de l’orthographe semble avoir retardé de façon appréciable le développement de leurs jeunes cervelles. Mais les philologues pensent que tout n’est pas pour le mieux. Leur zèle les pousse à préserver la France d’un grand et prochain désastre : et une commission présidée par M. Paul Meyer, directeur de l’École des Chartes, a soumis au ministre de l’Instruction publique un projet de réforme orthographique.