—Oui. La voici.»

Et prenant dans un tiroir un billet calligraphié et signé par Courrière, Marie me le tendit. Je lus ces lignes:

«Cette bague porte les lettre BER. REG. gravées en son or léger. A-t-elle appartenu à la vraie Bérénice, alors que celle-ci était à Césarée, florens ætate formaque? Le chaton a-t-il jadis enserré le diamant célèbre dont parle Juvénal, et qui fut plus précieux pour avoir étincelé au doigt fuselé de la reine des Juifs? N'importe, voulez-vous l'accepter comme un souvenir de ma Princesse Bérénice, bien moins belle, mais qui ce soir a gagné la bataille, et qui vous doit tant?

«Stéphane Courrière.»

Du latin, Juvénal, le professeur Gatti, les fouilles, une bague antique, le triomphe sur la scène, les discours, l'Académie, l'éloquence, les vers sonores, la gloire... Ah! Marie-Dorothée. vous oublierez l'injure de l'infante, et la fuite, et l'offensante croisière!

Moi, par contre, je n'oublie rien, rien, pas un mot d'une seule phrase, pas une seule note du chant. Je me rappelle les épaules nues de Marie, Tiberge radieux et balbutiant... Et aussi les yeux pâles d'Hélène, et Yvonne, et que le piètre latin désormais, pour moi, ce sera celui du paroissien, et qu'il m'ennuie—et que je souffre!


Ma première confession avait eu lieu fort simplement. J'étais venu, je m'étais agenouillé, j'avais dit ce qu'il fallait dire—et voilà.

Deux ou trois femmes s'étaient trouvées près du confessionnal: elles avaient fait à Dieu, qu'elles priaient, la politesse de ne pas se retourner plusieurs fois.