—«Yvonne, aie pitié aussi de moi: tu me fais mal, enfin, je souffre également... Yvonne!

—C'est vrai, mais je n'en peux plus... je n'en peux plus...»

Éperdu, j'eus spontanément l'idée, une fois rentré au logis, de courir chez M. l'abbé Duregard, premier vicaire de la paroisse.

—«Monsieur l'abbé, suppliai-je, je vous demande instamment de venir à mon secours! Il n'y a plus à espérer qu'en vous. Ma femme est chez elle, anéantie par le chagrin: aujourd'hui, une circonstance malheureuse lui a rappelé cruellement notre deuil. Je suis moi-même trop à plaindre, je ne trouve que lui dire, et me sens impuissant, terrassé... Voulez-vous aller la voir, vous, et lui parler?

—Monsieur, j'appartiens à tous ceux qui m'appellent, et me rends de ce pas auprès de Mme Simonin. Mais je ne saurai que prier pour elle: je n'obtiendrai pas beaucoup de calme, sans doute, alors que votre affection y échoue.

—Yvonne est très pieuse, vous l'exhorterez au nom de Dieu, avec toute l'autorité qu'un prêtre seul peut avoir à ses yeux, vous l'apaiserez, j'en suis certain, monsieur l'abbé; je le sais... Venez vite!»

Moins d'une heure après, en effet, M. l'abbé Duregard, quittant Yvonne dont la douleur s'endormait peut-être, demandait à me voir.

—«Je crois, me dit-il, que Mme Simonin aurait besoin de n'être jamais seule. Elle se ronge dans la solitude.

—Hélas! je fais de mon mieux: cependant, ma profession me prend du temps. Puis je dois aller souvent à Paris: elle ne veut bouger d'ici... Du reste, dans l'état de tristesse où je me trouve moi-même...

—Assurément, il lui faudrait une sorte de dame de compagnie. N'avait-elle pas une parente, dont elle n'eut qu'à se louer récemment, à ce qu'elle m'a dit, lors de sa longue maladie?